À propos

safia.hijos@gmail.com

 

Française, née en 1975
Vit et travaille à Nîmes, France
Diplôme de Master 2 en Céramique, ENSAV-La Cambre, Bruxelles

Après des études de droit et quelques années dans le conseil, elle décide de se consacrer entièrement à la céramique et sort diplômée d’une école d’art bruxelloise en 2014. En 2019, elle reçoit le Grand Prix ex-aequo de la Biennale de Vallauris pour « Les Emeraudes du chaos », création qui donnera lieu à une installation d’envergure en 2021 au Centre d’Art et de Nature de Chaumont-sur-Loire. Parallèlement à ses expositions et résidences – comme à l’école des Beaux-Arts de Limoges en 2020, elle intervient ponctuellement en écoles d’art.

Entre Rococo et Pop culture, sculptures et installations ne cessent de jouer avec l’histoire de la céramique. La composition et la mise en scène des pièces tissent un récit à la fois fantaisiste et coloré. S’attaquant au mur et même au plafond, la céramique s’inscrit alors puissamment dans l’espace.

 

DR Eric Sander

Photo Eric Sander

 

Expositions personnelles

2023 – « Dans les chambres, l’herbe pousse », La peau de l’ours, Bruxelles

2020 – « Away, Away », La peau de l’ours, Bruxelles

2019 – « Will dich im Traum nicht stören », La peau de l’ours, Bruxelles 

2015 – « L’amour vient quand il veut », Le fil rouge, Roubaix

2013 – « One week only », Les Ateliers Galerie de l’Ô, Bruxelles 

2012 – « When Margot Meets Mary », Galerie Kapelle, Bruxelles

 

Expositions collectives

 

— 2024
Végétal, centre d’art Jacques Brel, Thionville
Ceramic Brussel Art Faire, galerie La peau de l’ours, Bruxelles
Genius Loci, Maison Bernard, Théoule-sur-mer

— 2023
Espèces douteuses, Montoro12 gallery, Bruxelles
« Aimons-nous vivants », galerie Clémence Boisanté, Montpellier
« Racines », La Cambre, Bruxelles
Baroque, Maison de la céramique de Dieulefit
Carte blanche, festival céramique, Anduze
Salon Artorama, Marseille
« Toucher terre », Espace Montecristo, Paris
« Collectible », Bruxelles
« Sur le motif », Centre d’Art Madeleine Lambert, Vénissieux

— 2022
« Toucher terre », Fondation Villa Datris, L’Isle-sur-la-Sorgue
Luxemburg Art Week avec La peau de l’ours, Luxembourg
NendoMarket, galerie Nendo, Marseille
« Que diront-ils de nous ? », La Revue Ka, galerie Norka, Lyon
« SPATIUM VITAE », Avenue du Roi, Bruxelles 

Carte blanche pour une installation in situ, Terralha, St-Quentin-la-Poterie
Saint Sulpice Céramique, Paris
Salon TWENTY, La peau de l’ours, Bruxelles
« Semaisons », Galerie Lligat, Perpignan

— 2021
Saison d’art 2021, Centre d’Art et de Nature, Chaumont-sur-Loire
Nature Culture Etres, ARCADE Design à la campagne, château de Sainte-Colombe
Galerie Terra Viva, Saint-Quentin-la-Poterie
Design september, Azaïs & Pont and Pas gallery, Bruxelles
Saint Sulpice Céramique, Paris
Affordable Art Fair, La peau de l’ours, Bruxelles
Pamela Market Place, Pamela Artist Run Space, Nîmes

— 2020
Têtes en terre, galerie Terre d’Aligre, Paris
Prix de la céramique de petite forme, Expression Terre, Douai

Magie noire, Fours des Casseaux, Limoges
It’s green, galerie Handwerk, Munich, Allemagne

— 2019
XXVème biennale de céramique de Vallauris   
Tout doit disparaître, galerie Provost-Hacker, Lille
Galerie Alice Mogabgab, Liban
C-14 Paris
Superstore, Espace Vanderborght, La peau de l’ours, Bruxelles

— 2018
Affordable Art Fair, La peau de l’ours, Bruxelles
Biennale de la céramique d’Andenne, Belgique
Coup de coeur céramique Roubaix, Aulnay-sous-Bois, France
Juxtaposition, La peau de l’ours, Bruxelles
Résidence idéale, Archiraar Gallery, Bruxelles 
Nage libre, Musée de la Piscine, Roubaix
Les assiettes parlantes, centre Kéramis, La Louvière, Belgique

2017
Collect, Saatchi Gallery, Londres, Angleterre
GICB 2017, Gyeonggi, Corée
Ceramic Event VIII, Bruxelles, Belgique
Salon Contraste(s), Roubaix, France
Académie des Beaux-Arts de Tamines, Belgique
Nage Libre, WCC-BF, Mons, Belgique
Le cirque des métiers d’art, Abbatiale St Hubert, Belgique
Concours Jeune Céramique Européenne, Saint-Quentin-la-Poterie, France

2016
Standaard, Lavallée, Bruxelles
Prix artistique 2016, Musée des Beaux-Arts, Tournai
Friche, Bruxelles
A tous les étages, WCC-BF, Mons

2015
Now, 50èmes fêtes de la Saint-Martin, Tourinnes-la-Grosse
Incertains genres, Centre Keramis, La Louvière
Tirage à l’appui, Musée de la photographie de Charleroi
Ceramic Event VII, Bruxelles
Tirage à l’appui, WCC-BF, Mons 2015
Salon Contraste(s), Roubaix

2014
Les animateurs des ateliers de la rue Voot… La Médiatine, Bruxelles
Interstices by Quadri #4, Bruxelles
Salon Résonance(s), Strasbourg
Céramique 14, 11ème salon de la céramique d’art contemporain, Paris
Ceramic Event VI, Bruxelles
Clay ! Print ! Space !, Trade Mart, Bruxelles
Vitrine des créateurs, WCC-BF, Mons
Héritage manga, Le Lavoir céramique, Clamart, Paris

2013
Céramique 14, 10ème salon de la céramique d’art contemporain, Paris
Keep in touch, réseau ECART, galerie Art & Rapy, Monaco
Terracotta 2013, Maison de l’image, Bruxelles
Culture(s) générale, Voiteur, France

2012
KERAMIS, Centre Culturel de la Louvière, Belgique
A table !, galerie CP5, Paris 18, France
Carte blanche, Musée de la Céramique d’Andenne, Belgique
Parcours d’Artistes de Saint-Gilles, Bruxelles

 

Prix

Grand prix de Vallauris ex-aequo, 2019

Mention honorable, GICB 2017, Corée

 

Résidences

Résidence « Artiste au collège », CES Remoulins, mars 2023

Vaisseau 3008, Nîmes, mai 2021

ENSA Limoges, résidence d’artiste, décembre 2019 – juin 2020

Friches, PIAS, Bruxelles, 21/03 au 15/04/2016

ENSA Limoges, Décor sur céramique, du 2 au 4/04/2014

Briqueterie Leipfinger-Bader, Puttenhausen, Allemagne, 7 au 11/11/2011

 

Collections

Musée Magnelli

Fonds de dotation Compagnie Fruitière

Fondation Villa Datris

 

Bibliographie

Quotidien de l’art, édition 2417 juin, 22 juin 2022

Connaissance des Arts, Hors – série 2021 sur Chaumont-sur-Loire

Revue de la céramique et du verre N°234 – 2020

Reportage d’Arte « Safia Hijos, céramiste nature » – 2019

Revue de la céramique et du verre N°215 – 2017

Revue de la céramique et du verre N°207 – 2016

Mon apparence n’est faite que pour te parler – Le fil rouge édition – 2015

 

Enseignement

ESAA Avignon, workshop céramique, 2022

ESBAN Nîmes, atelier céramique, 2021-2022

EESAB Quimper, workshop «Impression», octobre 2021

ESBAN Nîmes, workshop céramique, 2021

ENSA Limoges, workshop « Les gestes spécifiques », 2020

Ecole des Beaux-Arts du grand Angoulême, workshop « Impression terre », 2020

La Cambre, ENSAV, assistante à l’atelier Céramique, 2017-2019

Les ateliers de la rue Voot, 2013-2019

Académie des Beaux-Arts de Saint-Gilles, 2015-2016

Ecole Europénne, 2010-2015

 

Publications

Ecriture d’articles pour la presse spécialisée et des galeries
sur les acteurs de la céramique contemporaine:
Coline Rosoux, Claire Lézier, Antoine de Vinck, Tessa Eastmann, Michal Fargo, Anette Sloth, Agathe Brahami-Ferron, Alice Nikolaeva, Abel Jallais, Diego Mirabella…

 

Revue de presse

 

« Dans les chambres, l’herbe pousse » (mai 2023)

Courant au sol le long des murs, tombant du plafond ou apparaissant au milieu des parois, les végétaux et minéraux de Safia Hijos suggèrent autant la résilience de la nature que l’impossibilité de maitriser cette dernière qui parvient toujours à se frayer un chemin là où on ne l’attend pas. Ses céramiques évoquent une nature vivace, robuste, délaissée sur le bord d’un trottoir ou dans le recoin d’une bâtisse défraichie ou trop accueillante. Apparaissant, tantôt avec subtilité et sobriété, tantôt avec culot et abondance, ces éléments rappellent le pouvoir de cette nature, tout à la fois désirable et indésirable, à survivre et à s’immiscer dans les lieux les plus improbables. Élaborées par l’assemblage de colombins extrudés et la pose d’émaux de différentes couleurs, les œuvres de Safia Hijos tout en étant figées par le feu s’attachent à figurer le mouvement de végétaux au vent ou celui de l’eau ruisselant inexorablement dans chaque interstice à sa portée. Loin de représenter une nature réelle, cette série de céramiques convoque une vision fantasmée de notre environnement naturel, l’idée étant moins de faire entrer le monde végétal et minéral à l’intérieur que de doter le lieu d’exposition d’un nouvelle histoire faite d’aléas et d’un ailleurs. (…). « Dans les chambres l’herbe pousse, pour y dormir faut se pousser » chantait Claude Nougaro dans Bidonville. En dialoguant avec son espace, l’œuvre de Safia Hijos explore le pouvoirévocateur du hasard d’un tel surgissement qui représente le paradoxe d’être considéré comme une source d’inquiétude tout en étant pourtant source de vie, de biodiversité et de force de la nature.

Thibaut Wauthion

 

« Nourri d’histoires, de mythes et de poésie, le travail de Safia Hijos s’affiche sous des dehors volontiers décalés, tout en envahissant les espaces d’exposition avec délicatesse et virtuosité. Sa maitrise de la céramique se met régulièrement au service de la répétition d’éléments végétaux qui apparaissent et essaiment de façon surréaliste sur les murs, grimpant depuis les sols ou semblant couler des plafonds. Ici, avec Bureau 234, l’artiste détourne un des emblèmes majeurs de la ville de Nîmes, où elle vit et travaille. Les palmiers disposés en quinconce forment au mur un étrange papier peint en bas-relief, rappelant par sa disposition décorative les motifs d’Hermines en Bretagne ou les Fleurs de lys de la royauté en France. A la fois sublimé, mais aussi malicieusement détourné, le palmier miniature perd paradoxalement son aura d’emblème par sa répétition. Son sens s’évapore et ne reste que sa forme, frêle et proche de l’asperge ou du poireau. Comme il nous arrive de remarquer qu’un mot familier devient étrange si on le répète un grand nombre de fois, ne retenant que le son de ses syllabes comme un squelette vidé de sens, le signe ici transformé en motif dégorge toute sa substance pour n’être plus que ce que l’on en voit : des palmiers, des palmiers, des palmiers, ad libitum et ad nauseam. »

Xavier Jullien, commissaire de l’exposition « Sur le motif », décembre 2022

 

« Et voici qu’une forêt pousse et ses milliers de pousses, que l’on observe tel un oiseau volant, plongeant du regard dans cet îlot vert de céramiques, nous semblent étrangement s’enraciner et grandir. Inspiré par l’emblématique livre pour enfants Max et les maxi-monstres de Maurice Sendak, dans lequel l’apparition incongrue de la forêt ouvre les portes du chemin à suivre, cet archipel en miniature de Safia Hijos nous rappelle qu’il suffit d’un brin d’imagination pour retrouver son souffle, et enfin toucher terre. « 

Jordane de Faÿ, Quotidien de l’Art, juin 2022

 

« Safia Hijos explore des thématiques dans lesquelles s’entremêlent des références à la culture populaire comme savante : une contemporanéité baroque qu’elle assume, s’inscrivant volontiers dans ce qu’elle nomme la mouvance « Rococo Rock’n Roll » de la céramique contemporaine. Elle joue ainsi, au gré des projets, avec l’histoire de la céramique pour concevoir tant des objets isolés que des installations porteuses de monumentalité, comme les surtouts de table baroques à l’origine de « Supernature » ou les célèbres porcelaines d’un sculpteur de Meissen au 18e siècle dans son récent travail sur le mythe d’Icare (ENSA Limoges). »

Maud Grillet / Galerie TerraViva

 

« Son travail, délicat, minutieux, et parfois facétieux, est souvent lié à la nature, rappelant certaines faïences de la Renaissance. Toutefois elle ne recherche pas le mimétisme. « Je ne fais pas partie des artistes qui trouvent l’inspiration en se promenant dans les bois, précise-t-elle. Je préfère raconter des histoires. » Elle revisite, en fait, le vocabulaire ornemental traditionnel. (…)

Dans le domaine régional de Chaumont-sur-Loire, Chantal Colleu-Dumond lui a proposé d’investir deux des boxes des Ecuries. Ce que Safia Hijos a fait avec un immense plaisir, en imaginant une sorte de jardin suspendu qu’elle a intitulé avec humour Supernature. Sur le béton gris des murs courent ainsi une vingtaine de guirlandes végétales au feuillage luxuriant, de tailles différentes, entre une trentaine de centimètres et plus de deux mètres de hauteur. Des arabesques tout en nuance d’émeraude, sa couleur préférée. »

Extrait de l’article de Annick Colonna-Césari, in Connaissances des Arts, H.S. n°939

 

« Un mot encore pour les superbes feuillages en céramique de Safia Hijos, comme un jardin intérieur dans le temps suspendu. »

Maurice Ulrich, L’Humanité, 20/08/2021

 

« En 2019, à Vallauris, cette céramiste à fait grimper la céramique au mur. Son installation « Les émeraudes du chaos » – récompensée du Grand Prix de la Biennale – proposait en quelques plantes précieuses et vertement émaillées, de revisiter le vocabulaire ornemental tradionnel et, dans le même temps, le mur végétal dans l’idée d’une réalité augmentée et pour le moins extra naturelle. » 

Jean-Marc Dimanche, in RCV n°234, septembre 2020

 

« (…) La Française Safia Hijos propose une vision moderne de la céramique, inspirée de décors végétaux biscuités feuille par feuille du XIXe siècle. (…) »

Véronique Lorelle, 9/7/2019, Le Monde

 

Safia Hijos — “ Will dich im Traum nicht stören1” — Céramiques

(Je ne veux pas troubler ton rêveI will not disturb you in your dream)

Nous sommes dans la galerie La peau de l’oursoù Safia Hijos invite à entrer dans un singulier « Jardin d’hiver » en grès (stoneware). Des cascades et des bouquets de feuillages aux murs, des « Tulipiers » garnis de fleurs naturelles posées sur des socles. Ma foi, une galerie-jardin d’hiverpour ce printemps. Safia Hijos se serait-elle prise d’engouement pour le végétal afin d’en parer nos salons ?

Le goût pour les plantes vertes d’intérieur a été essentiellement introduit dans le courant du XIXesiècle, au moment de l’essor de la Révolution industrielle, du développement de l’architecture des serres et l’amélioration des techniques de chauffage. Dans le salon bourgeois, la plante d’intérieur exotique a perdu ses qualités fonctionnelles et rejoint les objets décoratifs en tant qu’expression du statut social et du soi. C’est l’époque rêveuse de l’éclectisme, c’est le temps où la nouvelle société se meuble de rêve (gothique, chinois, persan, Renaissance). C’est le temps où le regard se perd dans le miroitement des glaces et des psychés, où le gaz brillait dans des globes semblables à des lunes opalescentes.

Chacun ici ne rêve que d’un bonheur soudain. Safia Hijos nous invite-t-elle à faire retour sur l’énigme de l’intérieur, espace de nos expériences existentielles ? À y déchiffrer les contours de l’âme plus que ceux des choses ? Ces tombésde verdure, ces tulipiers fleuris, la céramiste les a couverts d’émaux superposés à base de plomb (toxique à l’application) qui parent cependant les grès de coloris vernissés verts et jaunes à nuls autres pareils. Et à y regarder de plus près, il y a dans l’ensemble quelque chose d’excessif, dans la complication des formes et la déclinaison des tons olive-émeraude, qui force le goût et le met à mal. Une sorte d’ivresse inquiète. À quel banquet ou scène primitive Safia nous convie-t-elle ? Aux noces du minéral, des corps et du végétal, trois états du monde, trois formes d’étant qui peuvent se mesurer, ont leur terme, qui cependant échappent à toute mesure et tout terme.

Visiteurs, nous sommes autant de parties du jardin d’hiver, nous y sommes entrés, nous y déambulons et nous en sortirons bientôt, comme nous sommes entrés dans la vie pour en sortir tout aussi fortuitement. « Supernature, supernature, supernature » chantait un certain Cerrone en 1977. De même chantent les fleurs jaillissantes des tulipiers, de même leur répondent en écho guirlandes et bouquets aux feuilles minéralisées. Nous passons comme une ombre au milieu de vaines fantaisies et de vains simulacres. Jardin d’hiver, dites-vous ? Ne serions-nous pas égarés au mieux dans la boutique d’un funérarium ?

« Je ne sais pas ce que c’est, mais néanmoins ce n’est pas cela. » (Bossuet)

Alain van der Hofstadt, historien de l’art — Saint-Gilles, avril 2019.

1Wilhelm Müller (1794-1827), “Gute Nacht“, Winterreise— mis en musique en 1827 par Franz Schubert (1797-1828) : cycle de vingt-quatre Lieder pour piano et voix.