À propos

safia.hijos@gmail.com

Grandes et petites histoires, icônes sociales ou sacrées sont détournées et confrontées comme autant de symboles d’un monde qui vacille et s’effondre. La réinterprétation ironique de l’existant, la métaphore et la juxtaposition, le jeu et la mise en perspective des figures trahissent les failles, les crises. Les pièces empruntent, citent et juxtaposent des objets ou des références classiques comme populaires tant dans leur forme que par leur décor pervertissant leurs sens avec irrévérence. Dans une démarche très marquée par la sémiologie, l’objectif est donc de créer des sculptures signifiantes et narratives. Mettant en œuvre toutes les techniques des arts appliqués au service d’un propos symbolique, ces propositions tissent un récit où la céramique se trouve sans cesse confrontée à son histoire et détournée de ses usages. Les sujets choisis présentent bien souvent un caractère banal voir graveleux mais leur traitement plastique joue de la nuance et parvient même à une certaine douceur.

Française, née en 1975
Vit et travaille à Angoulême, France
Diplôme de Master 2 en Céramique, ENSAV-La Cambre

Après des études de droit et quelques années dans le conseil,
elle décide de se consacrer entièrement à la céramique.
Aujourd’hui, diplômée de La Cambre, la céramiste travaille
dans son propre atelier, expose régulièrement en Europe et ailleurs
et enseigne ponctuellement dans différentes institutions. Elle a développé, entre autre,
un réel savoir-faire dans le transfert en céramique.

 

Expositions

— 2021 (expositions programmées)
Premio Faenza, Musée International de la Céramique de Faenza, Italie
Elément Terre, Le Mur Espace de création, Moret-sur-Loing, France

— 2020
Away, Away, soloshow, La peau de l’ours, Bruxelles
    
Têtes en terre, galerie Terre d’Aligre, Paris
Prix de la céramique de petite forme, Expression Terre, Douai

Magie noire, Fours des Casseaux, Limoges
It’s green, galerie Handwerk, Munich, Allemagne

— 2019
Will dich im Traum nicht Stören, La peau de l’ours, Bruxelles
XXVème biennale de céramique de Vallauris   
Tout doit disparaître, galerie Provost-Hacker, Lille
Galerie Alice Mogabgab, Liban
C-14 Paris
Superstore, Espace Vanderborght, La peau de l’ours, Bruxelles

— 2018
Affordable Art Fair, La peau de l’ours, Bruxelles
Biennale de la céramique d’Andenne, Belgique
Coup de coeur céramique Roubaix, Aulnay-sous-Bois, France
Juxtaposition, La peau de l’ours, Bruxelles
Résidence idéale, Archiraar Gallery, Bruxelles 
Nage libre, Musée de la Piscine, Roubaix
Les assiettes parlantes, centre Kéramis, La Louvière, Belgique

2017
Collect, Saatchi Gallery, Londres, Angleterre
GICB 2017, Gyeonggi, Corée
Ceramic Event VIII, Bruxelles, Belgique
Salon Contraste(s), Roubaix, France
Académie des Beaux-Arts de Tamines, Belgique
Nage Libre, WCC-BF, Mons, Belgique
Le cirque des métiers d’art, Abbatiale St Hubert, Belgique
Concours Jeune Céramique Européenne, Saint-Quentin-la-Poterie, France

2016
Standaard, Lavallée, Bruxelles
Prix artistique 2016, Musée des Beaux-Arts, Tournai
Friche, Bruxelles
A tous les étages, WCC-BF, Mons

2015
L’amour vient quand il veut, Le fil rouge, Roubaix
Now, 50èmes fêtes de la Saint-Martin, Tourinnes-la-Grosse
Incertains genres, Centre Keramis, La Louvière
Tirage à l’appui, Musée de la photographie de Charleroi
Ceramic Event VII, Bruxelles
Tirage à l’appui, WCC-BF, Mons 2015
Salon Contraste(s), Roubaix

2014
Les animateurs des ateliers de la rue Voot… La Médiatine, Bruxelles
Interstices by Quadri #4, Bruxelles
Salon Résonance(s), Strasbourg
Céramique 14, 11ème salon de la céramique d’art contemporain, Paris
Ceramic Event VI, Bruxelles
Clay ! Print ! Space !, Trade Mart, Bruxelles
Vitrine des créateurs, WCC-BF, Mons
Héritage manga, Le Lavoir céramique, Clamart, Paris

2013
One week only, Les ateliers galerie de l’Ô, Bruxelles
Céramique 14, 10ème salon de la céramique d’art contemporain, Paris
Keep in touch, réseau ECART, galerie Art & Rapy, Monaco
Terracotta 2013, Maison de l’image, Bruxelles
Culture(s) générale, Voiteur, France

2012
KERAMIS, Centre Culturel de la Louvière, Belgique
When Margot Meets Mary, Galerie Kapelle, Bruxelles
A table !, galerie CP5, Paris 18, France
Carte blanche, Musée de la Céramique d’Andenne, Belgique
Parcours d’Artistes de Saint-Gilles, Bruxelles

 

Prix

Grand prix de Vallauris ex-aequo, 2019

Mention honorable, GICB 2017, Corée

 

Résidences

ENSA Limoges, résidence d’artiste, décembre 2019 – juin 2020

Friches, PIAS, Bruxelles, 21/03 au 15/04/2016

ENSA Limoges, Décor sur céramique, du 2 au 4/04/2014

Briqueterie Leipfinger-Bader, Puttenhausen, Allemagne, 7 au 11/11/2011

 

Enseignement

La Cambre, ENSAV, assistante à l’atelier Céramique, 2017-2019
Les ateliers de la rue Voot, 2013-2019
Académie des Beaux-Arts de Saint-Gilles, 2015-2016
Ecole Europénne, 2010-2015

 

Texte

Safia Hijos — “ Will dich im Traum nicht stören1” — Céramiques

(Je ne veux pas troubler ton rêveI will not disturb you in your dream)

Nous sommes dans la galerie La peau de l’oursoù Safia Hijos invite à entrer dans un singulier « Jardin d’hiver » en grès (stoneware). Des cascades et des bouquets de feuillages aux murs, des « Tulipiers » garnis de fleurs naturelles posées sur des socles. Ma foi, une galerie-jardin d’hiverpour ce printemps. Safia Hijos se serait-elle prise d’engouement pour le végétal afin d’en parer nos salons ?

Le goût pour les plantes vertes d’intérieur a été essentiellement introduit dans le courant du XIXesiècle, au moment de l’essor de la Révolution industrielle, du développement de l’architecture des serres et l’amélioration des techniques de chauffage. Dans le salon bourgeois, la plante d’intérieur exotique a perdu ses qualités fonctionnelles et rejoint les objets décoratifs en tant qu’expression du statut social et du soi. C’est l’époque rêveuse de l’éclectisme, c’est le temps où la nouvelle société se meuble de rêve (gothique, chinois, persan, Renaissance). C’est le temps où le regard se perd dans le miroitement des glaces et des psychés, où le gaz brillait dans des globes semblables à des lunes opalescentes.

Chacun ici ne rêve que d’un bonheur soudain. Safia Hijos nous invite-t-elle à faire retour sur l’énigme de l’intérieur, espace de nos expériences existentielles ? À y déchiffrer les contours de l’âme plus que ceux des choses ? Ces tombésde verdure, ces tulipiers fleuris, la céramiste les a couverts d’émaux superposés à base de plomb (toxique à l’application) qui parent cependant les grès de coloris vernissés verts et jaunes à nuls autres pareils. Et à y regarder de plus près, il y a dans l’ensemble quelque chose d’excessif, dans la complication des formes et la déclinaison des tons olive-émeraude, qui force le goût et le met à mal. Une sorte d’ivresse inquiète. À quel banquet ou scène primitive Safia nous convie-t-elle ? Aux noces du minéral, des corps et du végétal, trois états du monde, trois formes d’étant qui peuvent se mesurer, ont leur terme, qui cependant échappent à toute mesure et tout terme.

Visiteurs, nous sommes autant de parties du jardin d’hiver, nous y sommes entrés, nous y déambulons et nous en sortirons bientôt, comme nous sommes entrés dans la vie pour en sortir tout aussi fortuitement. « Supernature, supernature, supernature » chantait un certain Cerrone en 1977. De même chantent les fleurs jaillissantes des tulipiers, de même leur répondent en écho guirlandes et bouquets aux feuilles minéralisées. Nous passons comme une ombre au milieu de vaines fantaisies et de vains simulacres. Jardin d’hiver, dites-vous ? Ne serions-nous pas égarés au mieux dans la boutique d’un funérarium ?

« Je ne sais pas ce que c’est, mais néanmoins ce n’est pas cela. » (Bossuet)

Alain van der Hofstadt, historien de l’art — Saint-Gilles, avril 2019.

1Wilhelm Müller (1794-1827), “Gute Nacht“, Winterreise— mis en musique en 1827 par Franz Schubert (1797-1828) : cycle de vingt-quatre Lieder pour piano et voix.